Dans les premières années de scolarité, la langue d’enseignement conditionne fortement la réussite ou l’échec scolaire. En Côte d’Ivoire, une majorité d’enfants entament leur parcours éducatif dans une langue le français qui n’est ni celle du foyer ni celle de la communauté. Cette réalité, souvent sous-estimée, pèse lourdement sur l’acquisition des compétences de base en lecture et en mathématiques. C’est pour objectiver ce débat que l’organisation Teaching at the Right Level (TaRL) a initié une étude baseline, avec l’appui du CRIHD comme partenaire technique chargé de la mise en œuvre et de l’analyse. L’étude s’est attachée à comprendre comment l’intégration progressive des langues locales pouvait améliorer la compréhension des concepts fondamentaux et renforcer l’efficacité de l’enseignement primaire. Les enseignements tirés sont sans équivoque : lorsque les langues locales sont mobilisées de manière encadrée et pédagogique, elles facilitent l’appropriation des savoirs, renforcent la participation des élèves et réduisent les écarts d’apprentissage dès les premières classes. À l’inverse, un enseignement exclusivement en français, sans dispositifs d’adaptation, tend à reproduire les inégalités scolaires. Les résultats de cette étude ont directement nourri la décision publique, contribuant à l’adoption d’une politique d’inclusion des langues locales dans l’enseignement primaire et à l’extension du programme à l’échelle nationale. Elle illustre comment une recherche appliquée, ancrée dans les réalités sociolinguistiques, peut influencer durablement les réformes éducatives.